Atomisée

Publié le par Pao

almada pessoa

Não sei quem sou, que alma tenho.
Quando falo com sinceridade não sei com que sinceridade falo. Sou variamente outro do que um eu que não sei se existe (se é esses outros).
Sinto crenças que não tenho. Enlevam-me ânsias que repudio. A minha perpétua atenção sobre mim perpetuamente me aponta traições de alma a um carácter que talvez eu não tenha, nem ela julga que eu tenho.
Sinto-me múltiplo. Sou como um quarto com inúmeros espelhos fantásticos que torcem para reflexões falsas uma única anterior realidade que não está em nenhuma e está em todas.
Como o panteísta se sente árvore e até flor, eu sinto-me vários seres. Sinto-me viver vidas alheias, em mim, incompletamente, como se o meu ser participasse de todos os homens, incompletamente de cada, por uma suma de não-eus sintetizados num eu postiço.

 

Sendo nós portugueses, convém saber o que é que somos.
a) adaptabilidade, que no mental dá a instabilidade, e portanto a diversificação do indivíduo dentro de si mesmo. O bom português é várias pessoas.
b) a predominância da emoção sobre a paixão. Somos ternos e pouco intensos, ao contrário dos espanhóis – nossos absolutos contrários –, que são apaixonados e frios.
Nunca me sinto tão portuguesmente eu como quando me sinto diferente de mim – Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Álvaro de Campos, Fernando Pessoa, e quanto mais haja havidos ou por haver.

 

Fernando Pessoa, O Caminho da Serpente

 

« Je ne sais qui je suis, quelle âme je possède.
Si je parle avec sincérité, je ne sais de quelle sincérité il s’agit. Je suis diversement autre d’un moi dont je ne sais s’il existe (ni s’il est ces autres).
J’éprouve des croyances que je n’ai pas. Je subis le charme de désirs que je répudie. Mon attention, perpétuellement concentrée sur moi-même, me dénonce perpétuellement des trahisons de l’âme envers un caractère que peut-être je ne possède pas, et que peut-être elle ne m’attribue pas non plus.
Je me sens multiple. Je suis comme une salle peuplée d’innombrables et fantastiques miroirs, qui gauchissent en reflets mensongers une seule réalité antérieure, qui ne se trouve en aucun d’eux, et pourtant se trouve en tous.
De même que le panthéiste se sent arbre ou fleur, de même je me sens différents êtres à la fois. Je me sens vivre en moi des vies étrangères, de façon incomplète, comme si mon être participait de tous les hommes, mais incomplètement de chacun d’eux, grâce à une somme de non-moi synthétisés en un seul moi postiche.

Puisque nous sommes portugais,il convient de savoir ce que nous sommes :
a) adaptabilité,qui donne dans le domaine du mental l´instabilité, et par conséquent la diversification de l´individu au-dedans de lui-même. Le bon Portugais est plusieurs personnes à la fois.
b) la prédominance de l´émotion sur la passion.Nous sommes tendres et peu intenses,contrairement aux Espagnols, nos contraires en tout point, qui sont passionnés et froids.
Je ne me sens jamais autant portugaisement moi que lorsque je me sens différent de moi Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, Fernando Pessoa, et tous ceux qui ont pu déjà, ou qui pourront encore exister.
»

Publié dans Portugalia

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paulo 28/01/2010 11:46


il a tout compris, fernando


delphine 23/01/2010 10:07


j'adore ces extraits que tu nous proposes ça me fait découvrir la culture portugaise autrement de ce que je la connais ... et en plus ça m'entraîne à lire et à voir comment s'écrivent les mots !


Pao 23/01/2010 23:41


merci